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ALERTE SUR LE MASSACRE DES PYGMÉES DANS LE CAMPEMENT DE NGADI, VILLE DE BENI EN PROVINCE DU NORD-KIVU EN RDC

CRI D’ALARME UEFA 30.5.2026: Massacre des Pygmées à Ngadi (BENI, N-K, RDC): 

« Les peuples autochtones pygmées sont des êtres humains ; ont droit à la protection, la sécurité et à une intégration sociale »

L'organisation de développement et de défense des droits de peuples autochtones, Union pour l’Emancipation de la Femme Autochtone « UEFA, Asbl » et Le Réseau de Populations Autochtones et Communautés Locales Pour la Gestion Durable des Ecosystèmes Forestiers en RDC, « REPALEF RDC» Pool du Sud-Kivu portent des cris d’alarme au plus haut niveau de la gouvernance nationale et internationale pour une meilleure protection des autochtones pygmées en RDC. Un nouveau massacre de plus pour exterminer les élites pygmées, ç’en est trop pour une minorité numérique en RDC !

Les deux organisations expriment leur profonde préoccupation face à la recrudescence des actes de violence ciblant les leaders et les élites autochtones. Engagées dans le processus d’émancipation, de défense des droits humains, de promotions de la paix et de développement communautaire. Elles lancent un appel urgent aux plus hautes instances de gouvernance nationale et internationale afin de prendre des mesures immédiates, efficaces et durables pour garantir la protection des populations autochtones pygmées, lutter contre l’impunité et assurer le respect de leurs droits fondamentaux conformément aux engagements nationaux et internationaux de la RDC.

Cette succession d’actes inhumains et d’une grande cruauté sont inacceptable car elles constituent une menace sérieuse pour les efforts d’inclusion, de justice sociale et d’émancipation des peuples autochtones déjà encours dans notre pays.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, les actes ont été perpétrés contre les populations autochtones pygmées dans le campement de Ngadi situé à 7km du centre-ville de Beni dans la province du Nord Kivu.

Les terroristes ADF NALU ont massacré allégrement 6 pygmées et 1bantou, tous civiles de leur état. Parmi ces victimes nous déplorons l’extermination de la Famille MAGESE (l’exécution sommaire de l’artiste musicien comédien Pygmée SHUKURANI NZANZU MANGESE et ses parents biologique); dont le nom venait d’être plébiscité première star musicienne pygmée, au Titre de « Roi de la Forêt », et qui a marqué sa génération, par sa musique de promotion de la paix, des droits des PAP, et de cohésion sociale.

Le caractère de minorité numérique des PAP dans la région, face aux massacres dont ils sont victimes depuis des décennies les exposent actuellement à une extermination certaine si l’inaction des autorités gouvernementales à l’égard de ces tueries persiste dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, de Tanganyika et de l’Ituri.  

Ces récents actes de barbaries sont interpellateurs, étant donné qu’ils font suite aux précédents massacres enregistrés au mois de janvier – avril 2026 au cours desquels une femme enceinte avait été tués dans leur campement à MAYI MOYA sans que le Gouvernement provincial du Nord-Kivu ne puisse tirer les leçons pour contrecarrer toute éventualité des morts de plus dans la communauté des peuples autochtones dans cette zone.

Nul n’ignore la précarité de la vie des populations, qui vivent dans les abris de fortune (certains sans porte, ni dispositifs de sécurité) couplés au contexte sécuritaire très fragiles dans une région où sévit l’activisme des groupes armés principalement les ADF. Notons que jusqu’à présent le Gouvernement provincial n’a encore pris de mesures appropriées pour la sécurisation de ce peuple vulnérable qui est exposé aux risques de disparition en tant que groupe national si rien n’est fait pour l’effectivité de sa protection

Au regard de ces atrocités subis par le peuple autochtone dans le territoire de Beni et ailleurs, il y a lieu de s’interroger si ces massacres ne visent-ils pas le peuple pygmées en tant que groupe autochtone vulnérable?

Il s’observe que ces actes de terreur vis-à-vis de peuples autochtones du territoire de Beni visent à les déstabilisés alors qu’ils l’ont déjà été dans leurs terres ancestrales où ils vivaient paisiblement dans un écosystème vital et équilibré pour leur bien-être social économique et culturel.

Les pouvoirs publics en RDC ont l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires des protections des Peuples Autochtones dans leurs milieux d’habitation conformément à la loi no 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées qui stipule : « Les peuples autochtones pygmées sont libres et égaux en dignité et en droit en tant que citoyen congolais. Ils ont droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à la liberté et à la sécurité ». Article 3 et 4 de ladite loi.

Suivant cette loi, la RDC a pris l’engagement de protéger de manière particulière la vie, l’intégrité physique et mentale, la liberté et la sécurité des peuples autochtones en tant que groupe autochtone vulnérable mais hélas, ceci peine à se concrétiser.

La mort de l’artiste Pygmée SHUKURANI NZANZU MANGESE massacré avec sa famille porte un coup dure à la communauté et à la culture des peuples autochtones car il a été le vecteur de la culture des PA à travers sa musique.

Vu ce massacre du 30 mai 2026, nous adressons les recommandations suivantes :

  • Au Gouvernement Congolais à travers les ministères de l’intérieur et sécurité, des droits humains, des affaires sociales et de la justice :

- De prendre toutes les mesures nécessaires et idoines pour que les Peuples Autochtones jouissent des droits proclamés et leurs reconnus aux articles 3 et 4 de la loi N° 22/030 du 15 Juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées en RDC.

  • Au Procureur de la Cours international de justice à la haie (CPI) :

-De diligenter une enquête pour dénicher les auteurs et leurs groupes armés auxquels ils appartiennent.

  • Au Gouvernement provincial du Nord Kivu à travers ses ministères et organes compétents :

- De diligenter une enquête afin que les auteurs des massacres des Peuples Autochtones pygmées soient identifiés et punis

- De définir un plan d’action pour sécuriser toutes les communautés en générale

- Mettre en place des mécanismes d’anticipations contre les menaces sécuritaires visant les Peuples Autochtones pygmées et toute la population de la province en générale.

Le Service de Communication, UEFA Asbl

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