CRI DE DÉTRESSE : Le massacre de Ngadi et l'assassinat de l'artiste SHUKURANI MANGESE signent-ils le début d'une extermination programmée des élites Pygmées en RDC ?
L'Horreur de trop : Une famille d'élites décimée à Beni « Les peuples autochtones pygmées sont des êtres humains ; ils ont droit à la protection, la sécurité et à une intégration sociale. »
Dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, l’horreur a de nouveau frappé les populations autochtones pygmées dans le campement de Ngadi, situé à seulement 7 km du centre-ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Les terroristes des ADF-NALU y ont lâchement massacré six Pygmées et un Bantou, tous de paisibles civils.
Derrière ce bilan macabre se cache un véritable drame culturel et humain : l'extermination de la famille MAGESE. Parmi les victimes figure l’artiste musicien et comédien pygmée SHUKURANI NZANZU MANGESE, exécuté sommairement aux côtés de ses parents biologiques. Récemment plébiscité première star musicienne pygmée au titre de « Roi de la Forêt », il avait marqué sa génération en mettant son art au service de la paix, des droits des PAP et de la cohésion sociale. Sa disparition brutale porte un coup de massue à la culture et à l'émancipation de ce peuple.
Un peuple ciblé et abandonné à son triste sort
Face à la récurrence de ces atrocités, une question déchirante s'impose : ces massacres ne visent-ils pas délibérément le peuple pygmée en tant que groupe vulnérable?
Chassés de leurs terres ancestrales où ils vivaient en harmonie, les PAP sont aujourd'hui déstabilisés et condamnés à la précarité. Ils survivent dans des abris de fortune, sans portes ni dispositifs de sécurité, au cœur d'une région contrôlée par l'activisme des groupes armés.
- Une inaction coupable : Ce drame fait suite à d'autres massacres commis entre janvier et avril 2026 où une femme enceinte avait notamment été tuée dans le campement de MAYI MOYA. Malgré ces alertes, le gouvernement provincial du Nord-Kivu n'a tiré aucune leçon ni pris de mesures pour sécuriser cette communauté.
- Un risque d'extinction réelle : En raison de leur minorité numérique, la passivité des autorités face aux tueries répétées dans le Nord et Sud-Kivu, le Tanganyika et l’Ituri expose désormais les PAP à une disparition certaine.
Une violation flagrante des lois de la République
Pourtant, la République Démocratique du Congo dispose des outils juridiques nécessaires. La loi n° 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées stipule clairement en ses articles 3 et 4 :
« Les peuples autochtones pygmées sont libres et égaux en dignité et en droit en tant que citoyens congolais. Ils ont droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à la liberté et à la sécurité. »
En signant cette loi, la RDC s'est engagée à protéger ce groupe vulnérable. Malheureusement, sur le terrain, cet engagement peine cruellement à se concrétiser.
L'Appel urgent de l'UEFA et du REPALEF
Face à ce qu'elles qualifient de prémices d'une extermination des élites autochtones, l’Union pour l’Émancipation de la Femme Autochtone (UEFA Asbl) et le Réseau de Populations Autochtones et Communautés Locales (REPALEF RDC, Pool du Sud-Kivu) brisent le silence et lancent un cri d'alarme aux instances nationales et internationales.
Les deux organisations exigent des actions immédiates et formulent les recommandations suivantes :
1. Au Gouvernement Congolais (Intérieur, Droits Humains, Affaires Sociales, Justice)
- Prendre toutes les mesures urgentes et idoines pour rendre effectifs les droits à la vie et à la sécurité des PAP garantis par la loi du 15 juillet 2022.
2. Au Gouvernement Provincial du Nord-Kivu
- Diligenter immédiatement une enquête rigoureuse pour identifier et punir sévèrement les auteurs de ce massacre.
- Mettre en place des mécanismes d’anticipation contre les menaces sécuritaires ciblant spécifiquement les PAP et sécuriser l'ensemble de la population.
3. Au Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye
- Ouvrir une enquête internationale afin de traquer les auteurs de ces crimes et démanteler les groupes armés responsables de ces actes de barbarie.
Le Service de Communication, UEFA Asbl

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